Francine Buja Mairie 2Parfois on se dit que la vie est finie, surtout quand on est jeune, orpheline, enceinte et abandonnée par son compagnon, un des scénarios de sombres histoires qu’on vécut certaines des bénéficiaires comme Francine Nzeyimana qui a dû abandonner l’école alors qu’elle était en 3ème Moderne. Désespérée, sur le point de s’éloigner de son pays natal, elle est identifiée pour recevoir différentes formations de la SOJPAE. Son choix s’est porté sur la coiffure.

« Ils m’ont bien encadrée, m’ont demandé de choisir le métier que je préfère parmi les autres, et j’ai choisi le « salon de beauté » car je rêvais me voir encore belle! Voilà mon rêve réalisé grâce à la SOJPAE–Burundi, j’y ai appris beaucoup de choses : toutes sorte de coiffure, tous les moyens pour la propreté, l’entretien des clientes au salon de beauté, la bienveillance, la résolution pacifique des conflits, la vie associative, la gestion des activités génératrices de revenus. Aujourd’hui, je suis fière de ce dont la SOJPAE m’a fait, je me sens capable de gérer un salon de beauté, de m’associer à mes amies pour faire un autre projet »

 

Arlene Bukirasazi 01 Le pas déjà franchi leur donne parfois   droit aux surnoms charmants, marque de respect pour leur travail. Ayant reçu une formation en art culinaire, elle travaille dans un restaurant de renom à Bukirasazi, sa commune d’origine, où elle se sent fière d’exercer. Elle, c’est Arlène, une bénéficiaire du projet Mpore Mwana de Bukirasazi, qui ne tarit pas d’éloges en l’endroit de la SOJPAE, pour l’amour que l’organisation témoigne aux enfants vulnérables, qui dit elle lui a porté chance. Son rêve est d’ouvrir son propre restaurant afin de donner l’opportunité aux filles vulnérables de s’en sortir.

« Dieu bénisse le projet MPORE MWANA de la SOJPAE–Burundi, il m’a porté bonheur car après la formation, j’ai fait un stage dans un hôtel où j’ai continué à exercer et fini par être retenue et embauchée. Je suis cuisinière dans un hôtel modèle « Kida Hôtel » de Bukirasazi, ma commune natale. Je sais bien cuisiner, préparer les poulets de toutes sortes. Aujourd’hui, j’ai franchi un pas remarquable, j’ai déjà acheté une portion de terre, des chèvres, des porcs et des poules. Comme ça je parviens à subvenir à mes besoins personnels, ceux de ma mère et de mes frères et sœurs. Ma mère est très fière de moi, elle m’appelle « Serugo ».  En plus de ma famille restreinte,j’aide même les autres  enfants de mon entourage, grâce à la formation liée à la vie associative que j’ai appris au sein du projet MPORE MWANA. Maintenant, je suis en train de m’organiser pour réhabiliter la maison de ma famille, ouvrir mon restaurant personnel où je pourrai à mon tour embaucher les autres filles vulnérables, et ainsi les faire sortir de leur vulnérabilité. Arlène a prouvé ses capacités en préparant le repas pour les équipes de l’Unicef et SOJPAE en visite à l’hôtel où elle est chef cuisinière.

 

Les campagnes de sensibilisation de masse en faveur des jeunes filles en situation de précarité commencent à manifester des portées remarquables à travers le projet Mpore Mwana. Aujourd’hui les initiateurs du projet commencent à récolter les fruits de tant d’efforts. En plus des formations, ces filles bénéficient aussi d’un accompagnement psychosocial, médical, juridique ainsi qu’un module sur la santé reproductive, ce qui leur garantit un équilibre tant psychologique que sanitaire. Le soutien de la SOJPAE à ses jeunes filles qui  nous racontent leur vie l’avant et l’après projet est indéniablement reconnu par chacune d’elles. Chaque histoire est un voyage dans la vie de  toute fille qui se sent soutenue, choyée, valorisée  respectée désormais par son entourage.

BukeyenezaBUKEYENEZA Nadia, orpheline, née d’une famille indigente, depuis son enfance, pensait être marquée par la situation de sa famille.  Recroquevillée souvent sur elle-même, silencieuse, distante, désespérée tel était son état avant d’être identifiée par le projet Mpore Mwana. Après plusieurs formations organisées par la SOJPAE, elle a repris confiance en elle car, élue présidente d’un groupe de solidarité à Giheta. « Après des séances de sensibilisations, j’ai compris que la pauvreté n’est pas une fatalité, que ma vie n’est fini comme je le pensais. Petit à petit, j’ai compris l’intérêt de participer dans les groupes de solidarité et le sens d’entraide mutuelle. Aujourd’hui, j’ai retrouvé le goût de la vie et commencé à participer activement. Je suis Présidente d’un groupe de solidarité qui s’est organisé pour la pratique de l’élevage. Nous sommes aujourd’hui à six chèvres, et quelques souris. J’aimerais que dans les prochains jours, nous puissions améliorer cet élevage et passer de ces chèvres aux vaches ».

Une caisse d’épargne pour orphelins et autres vulnérables a été mise en place. Nadia, subvient aux besoins de sa famille sans peur d’affronter le lendemain.

En présence du  Directeur de l’Enfant et de la Famille du Ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires sociales et du Genre, du Secrétaire Exécutif de la SOJPAE, la coordinatrice du projet "Mpore-Mwana" a exposé le rapport trimestriel des activités organisées dans les trois provinces d’intervention à savoir Bujumbura-Marie, Gitega et Ruyigi, en date du 10 Août 2018.

Rapport

 

Dans ledit rapport, il  a été indiqué que le projet qui contribue à l’amélioration du bien-être de la jeune fille vulnérable de moins de 18 ans,  a accueilli 800 nouvelles bénéficiaires, parmi lesquelles 400 suivent une formation sur la création des Groupes de Solidarité selon l’approche Nawe Nuze, la vie associative, la résolution pacifique des conflits, life Skills, la gestion des activités génératrices de revenus; 120 filles ont suivi une formation sur l’insertion professionnelle en boulangerie, coiffure, coupe  et couture ;  291 ont reçu une assistance psycho-sociale, juridique et médicale ; 14 filles en danger ou à risques( retirées des rues ou des réseaux d’exploitation) ont été accueillies  pour faciliter leur retour dans leurs familles ainsi que leurs communautés respectives ; 53 filles ont  bénéficié d’un appui dans la recherche d’emploi et/ou la création et le développement d’associations professionnelles, l’élaboration des business model et aux initiatives d’entrepreneuriat/AGR et 500 cahiers ont été distribué lors de la Journée mondiale de l’enfant africain.

Quelques défis sont rencontrés pendant l’exécution du projet tels que la dépendance de l’aide d’urgence pour certains bénéficiaires, les changements climatiques, la pauvreté des ménages qui limite l’épargne des ménages, impact limité et pas diversifié des AGR, difficulté de remboursement des prêts contractés auprès des caisses de solidarité, faibles connaissances en matière entrepreneuriat et conception des projet.

Pour mener à bien sa mission, le projet va renforcer  le suivi et l’encadrement des membres des GS, notamment en entrepreneuriat, former aussi l’équipe de la SOJPAE en gestion de projets, en monitoring, suivi-évaluation des projets et en gestion des risques pour mieux accompagner les membres de ces GS ; appuyer techniquement et matériellement le centre d’encadrement  des enfants en conflits, appuyer encore à l’enregistrement tardif des naissances et renforcer l’encadrement des enfants en vacance en vue de limiter le phénomène des enfants en situation de rue.

 

filles 

Elles sont à 40, non scolarisées à suivre une formation depuis le 03 Juillet 2018 au Centre Nutritionnel de Musaga. Elles aspirent à devenir boulangères, coiffeuses et/ou propriétaires des salons de beauté. Elles ont refusé de se laisser décourager par les soucis que la vie les a infligées.

« Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves » Eleanor Roosevelt

Cette formation qui s’étend sur 6 mois est organisée par la SOJPAE à travers son projet « Mpore-Mwana » qui est financé par l’UNICEF.

Les jeunes filles vulnérables qui suivent les différentes formations sont âgées entre 15 et 18 ans, elles proviennent de 9 zones de la commune de Bujumbura Marie. Comme toutes les filles soutenues par le projet, elles n’ont pas pu continuer leurs études pour diverses raisons : grossesses non désirées, victimes de la violence sexuelle, orphelines, etc.

Mars 2017, fut une période sombre pour Noëlla Mia DUSABE car tombée enceinte et obligée de quitter le banc du Lycée Gikungu en 9è. Une lueur d’espoir a brillé a travers une se des voisines l’ayant informé d’une formation socioprofessionnelle en plusieurs discipline dont la coiffure, son métier préféré car elle savait déjà faire quelques coiffures, nous a-t-elle raconté. Aujourd’hui, quand elle est en cours, son enfant est gardé par sa mère. Son rêve est de reprendre le chemin de l’école quand son enfant sera grand, sans laisser tomber son métier.

Violée et malmenée par son agresseur, une des apprenties nous a confié que malgré son état psychologique, elle doit se marier car sa religion musulmane l’y oblige. A l’évidence, elle a subi un traumatisme psychologique mais cela ne l’empêche pas de rêver à devenir boulangère pâtissière. Notre interlocutrice anonyme est âgée de 15 ans dit qu’elle serait heureuse d’avoir des connaissances élargie en boulangerie-pâtisserie car elle a eu la chance de travailler dans une mini-pizzeria, ce qui lui a donné goût au métier.

Monia Clara BIZIYEZU, jeune mère d’un enfant de 3 ans a abandonné ses études en 2014 alors qu’elle fréquentait la 8è année faute de moyens. Elle habite la Zone Nyakabiga avec sa mère, qui profite parfois de sa présence à la boutique familiale. Son plus grand souhait est d’ouvrir son propre salon de beauté afin de garantir l’avenir de son enfant, elle nous confia que la formation est arrivée à point nommé dans sa vie.

Mme Frédérique Bahenda, coordinatrice du projet « Mpore-Mwana » souhaite que ces jeunes filles deviennent des exemples de réussite pour celles qui sont dans la même situation et espère que ceci permettra à certaines filles à adhérer à ce type de projet a l’avenir.

Signalons que le projet forme 80 autres jeunes dans la couture et la boulangerie dans les provinces de Gitega et Ruyigi et sont également assistées par des juristes, des psychologues, au besoin des infirmiers pour mieux les accompagner.